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Il est 9h lorsque nous ouvrons pour la première fois les rideaux sur un Dakar sous le soleil. Le ciel est blanc est très lumineux, et derrière le jardin et quelques grandes herbes, un magnifique tableau se dessine sous nos yeux. Des pirogues sont échouées sur la plage, et les pêcheurs réparent les filets qui serviront sûrement pour la sortie en mer aujourd’hui. Elles sont majestueuses et colorées.

Jour 1

Il est presque midi lorsque le taxi vient nous chercher à la maison. Nous sommes tous prêts, armés de maillots de bain, de bouteilles d’eau, de serviettes et d’appareils photo. Aujourd’hui direction N’Gor. En quittant la maison, nous reprenons la route de l’aéroport que nous avions empruntée la veille mais dans le sens inverse. La vie est pauvre, les magasins sont précaires, les déchets s’entassent, le trafic est d’enfer et la chaussée est défoncée. Mais malgré cela, les couleurs des tenues donnent le sourire, la tenue des femmes , celles qui portent sur leur tête toutes sortes de choses, et forcent le respect. 30 minutes plus tard nous arrivons au village de N'gor, un village de pêcheur en face de l'île de N’Gor. Ici le taxi nous laisse, nous nous dirigeons vers un chemin menant à plage quand tout d’un coup, un homme au pantalon coloré et à rayures et au tee-shirt blanc apparaît. Il se présente. C’est Galou, il a une pirogue et va nous emmener sur l’île. Soulagés de retrouver notre guide, nous le suivons avec entrain. Le sol est défoncé et sale, il est couvert de déchets en tout genre. Sur la plage, ce n’est guère mieux, des détritus sont omniprésents. Et dans la mer, des algues d’une couleur proche du rouge flottent au bord. C’est à cause des grandes marées qui viennent d’avoir lieu, elles ont fait remonter bon nombre de pollutions qui se traduisent par ces algues.

La pirogue est belle. Après avoir slalomé entre les bateaux amarrés, nous accélérons direction l’Ile. C’est de cette île que part notre projet. C’est sur la traversée que nous développons notre projet :

* Créer une traversée originale , y emmener les membres de notre association qui ne sont pas d’assez bons nageurs, pour le moment, pour nager les 4 km qui séparent Dakar de Gorée.

* partager ce moment sportif, cette traversée avec des enfants des villages de pêcheurs aux alentours,

* échanger encore plus...des jeux, des chants, …

Après quelques minutes de pirogue, nous débarquons sur la petite île de N’Gor , l’eau est claire et le sable fin. Nous réservons une table dans le restaurant de la famille de Galou, la famille Samba. Puis nous partons à la découverte de l’île, en découvrant les rues étroites et les grandes et belles propriétés, nous découvrons toutes sortes d’arts allant du graphe sur les murs en passant par des sculptures réalisées à base de récupération. Nous longeons ensuite les plages qui semblent très polluées. Nous nous arrêtons sur une plage pour rendre visite à un maître nageur sauveteur mais il est absent, nous reviendrons plus tard. Nous rentrons sur la plage où nous avions débarqué une heure auparavant. Là de nombreux surfeurs embarquent en compagnie de leurs planches sur une pirogue qui les conduira sur le côté de l’île où de grosses vagues offrent un super spot de surf. Nous croisons également des brésiliens avec le maillot des Jeux olympiques "RIO 2016" qui s’entraînent pour la course de dimanche la célèbre DAK GO.

Jour 1 Jour 1

Après un plouf pour se rafraîchir dans une eau qui se révèle chaude, nous allons manger. Au menu brochettes de gambas, frites, riz et salade de fruits composée de mangues, papayes et ananas. Alors que nous dégustons le dessert, un homme s’élance et monte sur un cocotier sans sécurité. Une fois arrivé en haut, il coupe toutes les branches porteuses de noix de coco puis redescend, le spectacle sans doute banal ici, est captivant.

Après quelques achats (quelques bracelets et colliers) âprement négociés, nous retournons sur la plage des sauveteurs pour discuter avec le vieux Fall, MNS de son état. Nous discutons de l’organisation de notre projet de traversée et de la sécurité nécessaire. Nous lui laissons quelques paires de lunettes pour ses cours de natation . Alors que nous nous apprêtons à reprendre la pirogue pour rentrer sur le continent, nous découvrons avec émerveillement un groupe d’environ 30 enfants avec un entraîneur : c'est"Doudou". Les enfants sont âgés de 8 et 14 ans et ils s’entraînent pour la traversée Dakar Gorée. Ils ne sont pas tous en maillots de bains sûrement par manque de moyen. Ils s'entrainent avec le club de natation sauvetage de l’Olympique de N’Gor. Certains enfants nagent en short ou en combi short de ville, … Après avoir discuté avec l’entraîneur, nous apprenons que la moitié va participer à la traversée dimanche tandis que l’autre moitié participera à une rencontre contre des américains samedi.

Jour 1 Jour 1

Il est déjà temps qu’ils repartent et nous aussi. Tandis que deux d’entre nous prennent la pirogue pour ramener les affaires, le reste du groupe part avec le groupe de nageurs. En chemin le groupe des nageur s'arrêtent, groupés ils chantent, frappent des mains hors de l’eau, … un spectacle émouvant.

La traversée dure 600m , tous arrivent sur le continent et entonnent de plus belle des chants wolof en tapant sur l’eau. C'est leur hymne, le chant des Dauphins... Une énergie communicative se dégage de ce bel échange. C’est le but de notre projet et nous voyons par cette rencontre que c’est largement envisageable.

Jour 1
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Ensuite direction la piscine Olympique de Dakar. En chemin nous croisons une gigantesque statue représentant une famille de trois personnes, symbolisant le Sénégal et la famille tournée vers l'avenir... commande de l'ancien président A. Wade. Il y a des mosquées et de nombreuses sculptures.

Alors que nous contemplons la ville et se détours touristiques, Bloum Bloum Bloum, le pneu est à plat. Le taxi se range donc sur le coté de la route. Il faut changer la roue. Le chauffeur commence à essayer de lever la voiture avec un cric tellement rouillé qu’il n’arrive pas à tourner, Dom-Titoum se met à l’aider mais il n’arrive pas plus… un homme qui s’était approché de nous pour discuter, nous vient en aide. Il arrive à manœuvrer le cric et finit par changer la roue lui-même, on le remercie et il repart avec un sourire généreux. Nous n’avons même pas eu le temps de le rétribuer avec un petit bakchich ! Comme quoi, il nous a aidé par pure gentillesse sans rien attendre en retour. Belle rencontre.

Jour 1
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Nous reprenons la route et nous arrivons à la piscine sur le coup de 18h, c’est la fin de certaines activités, de nombreux enfants sortent et dévalent les escaliers en riant. Ils étaient des dans centres d'animation, des colonies, car ce sont encore les vacances au Sénégal. Nous entrons enfin dans le grand bâtiment. La piscine est en extérieur, il y a une dizaine de plots de départ et la piscine est un bassin de 50 m entourée de deux bassins: un plus petit et moins profond et une fosse pour le plongeon. Nous écoutons le briefing d'organisation de la course Dakar Gorée, il concerne les encadrants. La course semble très bien rodée. Nos rendez-vous sont arrivés. M. Cheik MBaye, prédisent de l’association IDEAL, M. Abdou Karim Thioune, universitaire, M Dr Mohamed Diop le président de la fédération sénégalaise de natation et de sauvetage (FSNS) et M. Ndiawar Diallo de la fédération de natation. (dans l’ordre sur la photo, de gauche à droite)

Jour 1

Les échanges sont très productifs, nous avons bien avancé sur les objectifs de la course N'GOR, sur le public à viser, …

Nous sortons de la piscine portés par une énergie nouvelle et convaincus de la portée de notre projet. Il est déjà 20h, il fait nuit mais toujours aussi lourd, le trafic est toujours très dense, les gaz d’échappement nous donne mal à tête. Enfin, nous arrivons à la maison. La journée a été exténuante mais riche en émotions et en découvertes.

Ce soir dîner avec nos amis toubabs et également avec Jeanne, 17 ans qui participera à la course: c'est elle qui l'a gagné l'année passée...

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